De la Maison Blanche... aux Terres Ocres de l'Afrique

16 mai 2012

Rapport Amnesty International - Mali

C'est sans commentaire, je n'arrive même plus à commenter tellement je suis éprouvée...

http://www.amnesty.org/fr/library/info/AFR37/001/2012/fr

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09 avril 2012

A défaut de pleurer, on peut en rire...

Ecoutez la chronique de Mamane ici:

http://www.rfi.fr/emission/20120409-demenagement

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03 avril 2012

Paroles de Maliens : choses lues sur les forums suite à la percée touarègue dans le nord

Article en date du 2 Avril 2012 sur le site web de RFI

 

Après Kidal puis Gao, la rébellion a pris le contrôle de Tombouctou, dimanche 1er avril 2012. Les trois principales villes et garnisons du nord du Mali sont tombées sous la coupe du mouvement islamiste Ansar Dine - qui préconise l'adoption de la charia -, des rebelles touaregs indépendantistes du MNLA, et de milices locales arabes. Sur internet, les Maliens réagissent à cette situation chaotique. Tour d'horizon.

Pour certains internautes de la diaspora malienne, il n’y a plus que Dieu qui puisse sauver l’unité du pays. Depuis ce week-end, les Maliens sont nombreux à exprimer leurs craintes et parfois leur colère sur les forums, réseaux sociaux et autres sites d’informations spécialisés.

Parmi les tenants d’un Mali uni, tous déplorent la spectaculaire percée de la rébellion, jugée catastrophique. Mais ils se déchirent en cherchant les responsables du fiasco. Dans les commentaires d’un article du site internet Malijet, qui dénonce une « débâcle » et renvoie dos à dos le président Amadou Toumani Touré et le capitaine Amadou Haya Sanogo (respectivement jugés « incompétent » et « impuissant » dans leur gestion de la rébellion), un internaute anonyme vient prendre la défense des putschistes. « Le problème au Mali a été ATT, assure-t-il, désignant ainsi le président Touré. Il n’a pas hésité à sacrifier son peuple pour avoir un troisième mandat ».

Réponse quelques lignes plus bas d’un Malien peu convaincu par le court bilan de la junte au pouvoir : « Avant le coup d’Etat, quelles régions du Mali étaient entre les mains du MNLA ? Aucune… Alors qui a foutu le bordel ? ATT ? Soyons sérieux… Que ce capitaine déguerpisse au plus vite ».

« Complice »

Il reste, sur le web, des Maliens pour rappeler que le président déchu mérite le « respect », ne serait-ce qu’en souvenir du passé (une décennie passée à la tête du pays). Dans la même verve, nombreux sont ceux qui dénoncent sur la page Facebook de RFI un coup d’Etat fantasque et contre-productif de la part des putschistes, jugés (à leur tour) « incapables », « idiots », « incompétents ». Plusieurs témoignages s'appuient sur l’épisode désastreux de l’aéroport de Bamako.

« La junte nous a montré ses limites. Nous sommes même tentés de croire qu’elle est bien complice de la situation que nous vivons en ce moment », s’emporte un internaute au bas d’un article du site MaliWeb. A l’inverse, pour quelques supporters du capitaine Sanogo, c’est « ATT » qui est de mèche avec la rébellion et sème actuellement la zizanie...

 

 
Une page facebook de soutien au capitaine Amadou Sanogo.
© facebook

Depuis le putsch, les partisans du CNRDRE (Comité national pour le redressement de la démocratie et la restauration de l'Etat) arboraient fièrement leur ralliement à Sanogo sur Facebook, via la fonction « j’aime » des pages de soutien plus ou moins officielles. C’est désormais le silence radio qui prévaut sur ces forums. La percée des rebelles a refroidi l’enthousiasme.

« Indifférence totale »

Des figures s’engagent sur internet pour imposer la voix de la raison. En témoigne le communiqué publié par Adama Diakité, président du Forum des Organisations de la Société Civile. « Au regard de l’évolution actuelle de la crise dans les régions nord / centre du pays, le Forum des (OSC) au Mali lance (un) appel à toutes les composantes de la nation malienne et à la communauté internationale ». Adama Diakité rappelle que « la complexité de cette crise et la diversité des acteurs impliqués rendent difficile sa résolution ».

« Seul le Mali compte pour nous », écrit Mamadou Dabo, qui lance sur Malijet un appel à « l’union sacrée ». « C'est sur Amadou Haya Sanogo que nous pouvons compter aujourd'hui pour sortir le Mali du gouffre. Alors nous l’interpellons, lui qui s’est mis au devant de la scène. En son temps, nous avons sévèrement critiqué ATT et ses acolytes (…) Mais nous ne saurions oublier les réalisations si nombreuses de ATT (…) Arrêtons donc les manifestations populaires de soutien au CNRDRE qui n'a rien fait pour que l'on détruise notre pays en son nom ; oublions le pouvoir ATTqui est enterré à jamais par ses propres erreurs ; pensons à défendre l'unité nationale et l'intégrité territoriale ».

« Aujourd’hui, le pays est attaqué et les 2/3 de notre territoire sont occupés par des bandits armés dans l’indifférence totale de la communauté internationale », dénonce un certain Charles Dembélé sur MaliActu.

« A part une prise de position ferme de la Cédéao et de l’Union africaine, il y’a eu que des déclarations d’intention et quelque condamnations des puissances étrangères, ajoute-t-il. Quand l’Irak avait envahi le Koweït, la réaction a été immédiate. (…) Nos autorités doivent maintenant tout mettre en œuvre pour que le droit international soit appliqué. Aucune organisation crédible, notamment les Nations unies, ne reconnaîtront un Etat bidon à l’intérieur du Mali ».

« Historique »

Comme d'autres, Charles Dembelé appelle à un déploiement des forces de la Cédéao. « Pas une force combattante mais une force dissuasive contre les exactions et les pillages des biens ». Il n’est pas pour autant certain que ce genre d’initiatives convainque les nombreux sceptiques, qui restent méfiants vis-à-vis des puissances étrangères, et notamment la France, critiquée pour son action en Libye, conflit en partie à la source de la situation actuelle.

« Malgré toute les bonnes intentions qu'ont les Etats a vouloir aider le Mali, ils ne savent pas à qui s'adresser, que se soit la junte actuellement au pouvoir à Bamako ou les rebelles du MNLA. Tous sont illégitimes », déplore par ailleurs un internaute. La communauté internationale, et en particulier les pays qui ont bombardé la Libye, doivent activement participer à la résolution de ce conflit. Ce sont les hostilités commencées en Libye qui entraînent tout ce désordre ».

« Nos aïeuls en ont rêvé »

Le malheur des uns fait le bonheur des autres. Dès vendredi, la page Facebook du MNLA a officialisé, pour sa propre communauté d'internautes, la prise de la ville de Kidal. « Excellente nouvelle », «  formidable », « courage ! », se sont aussitôt réjouis les utilisateurs, auxquels s'étaient néanmoins mêlées des personnes venant questionner (de manière crue) les rapports entre Touaregs, miliciens arabes et islamistes.

Dimanche 1er avril 2012, le MLNA a ensuite publié une déclaration sur son site, parlant d'un « retour à la dignité » de l'Azawad après la prise de Tombouctou. Dans un article du site pro-indépendantiste Tourast Press, Ikhlou Ag Azzezen (qui se présente comme un étudiant bénévole) parle immédiatement d’un jour « à tout jamais historique », « dont nos aïeuls ont rêvé depuis 1880 ». « Plus aucun drapeau du colonisateur malien ne flotte dans l’Azawad », s'émerveille-t-il.

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02 avril 2012

La situation dans le Nord de l'Afrique vue par Mamane

Cliquez ICI, c'est la version Mamanesque du Service Après Vente... Tellement vrai...

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29 mars 2012

Le coup d'état au Mali vu par l'anthropologue André Burgeot

Article issu de: http://maliactu.net/2012/mali-la-junte-na-pas-de-strategie.html

L’anthropologue André Bourgeot, directeur de recherche émérite au CNRS, spécialiste de l’espace saharo-sahélien décrypte pour SlateAfrique les enjeux de la crise malienne après le putsch du 22 mars contre le président Amadou Toumani Touré. Interview.


Mise à jour du 27 mars: Le capitaine Amadou Sanogo, chef de la junte militaire au pouvoir au Mali, a appelé les combattants touaregs qui avancent dans le nord du pays à mettre un terme à leur campagne.«Nous leur demandons de cesser les hostilités et de venir à la table des négociations dès que possible», a déclaré le leader de la junte avant d’ajouter: «Tout est négociable, sauf l’intégrité territoriale et l’unité de notre pays.»

***

Slate Afrique – La junte qui a fomenté un coup d’Etat contre le président malien réclame le départ d’Amadou Toumani Touré et des élections libres au Mali. Quelle est sa légitimité?

André Bourgeot – Aucun coup d’Etat n’a de légitimité. C’est un recul assez sensible de la démocratie. Le Mali revient vingt ans en arrière. J’en profite pour souligner que nous sommes aujourd’hui le 26 mars 2012 et que le 26 mars 1991, le dictateur malien Moussa Traoré avait été lui-même renversé. Un renversement qui avait causé la mort de plus de 300 Maliens à Bamako. Aucune junte au pouvoir ne peut acquérir une légitimité.

D’autre part, au vu de ce qui se passe depuis une semaine, la junte est très isolée de la communauté internationale, de la scène politique malienne. Le seul parti qui la soutient est celui d’Oumar Mariko, leader du Sadi (Solidarité africaine pour le développement et l’indépendance), ainsi que le Haut Conseil islamique au Mali (HCIM). Mais le rapport de force va rapidement évoluer dans les heures et jours à venir.

Slate Afrique – Pourquoi ces militaires se sont retournés contre le régime?

André Bourgeot – Les arguments avancés par le capitaine Sanogo, le leader de la junte, était de dire que l’armée malienne n’avait pas les moyens suffisants pour combattre les rebelles du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA), dont l’objectif est l’indépendance des régions du Nord Mali et qui conduit à une partition territoriale du pays. Ils accusaient explicitement le chef de l’Etat et une partie de l’armée de ne pas se donner les moyens nécessaires pour lutter contre le mouvement de libération. L’absence de moyens militaires matériels, mais également le manque de nourriture, font défaut aux militaires en proie aux rebelles touaregs.

L’autre reproche, c’est un défaut de communication à l’intérieur de l’armée. Ils reprochent aussi au chef de l’Etat ATT de ne pas avoir suffisamment communiqué avec la population. Selon les mutins, le chef de l’Etat n’a pas eu de volonté politique pour exercer une lutte sans merci contre les rebelles, les mouvements djihadistes et contre les narcotrafiquants.

Où sont les officiers supérieurs?

Slate Afrique – La junte bénéficie-t-elle d’un soutien dans l’opinion publique?

André Bourgeot – Il faut distinguer le soutien à la junte du soutien à la défense de la patrie. Une partie de la société civile s’est engagée financièrement pour soutenir les militaires de l’armée malienne investie dans la défense de la patrie, menacée d’une partition territoriale. Ça ne veut pas dire que c’est un soutien à la junte. La situation est compliquée. Car certains avancent comme argument leurs soutiens à la patrie et d’autres à la junte. Globalement, on ne peut pas dire que la junte jouisse d’un soutien populaire.

Slate Afrique – Bénéficie-t-elle d’un soutien des officiers de haut rang? On a l’impression d’un coup d’Etat sans officiers supérieurs. Nous assistons à une révolte de la base contre ses hauts gradés qui n’auraient pas su gérer la crise au nord du pays.

André Bourgeot – Si on se réfère à la composition de la junte: un officier subalterne, le capitaine Sanogo. Le porte-parole est un lieutenant donc encore un officier subalterne; un adjudant-chef et un caporal. Ces quatre personnes ne regroupent aucun officier supérieur. Cela illustre des clivages important au sein de l’armée, entre les officiers subalternes, les sous-officiers, les hommes de rang par rapport aux hauts gradés de l’armée (commandants, généraux, colonels). C’est un élément important. Car, cela soulève la question: Qu’est devenu ATT? Est-ce qu’il est entre les mains de la junte ou est-il protégé par les cadres de l’armée malienne composée d’officiers supérieurs, de parachutistes car ATT lui-même est issu du camp des parachutistes.

La localisation même d’ATT change la donne. Ce n’est pas un hasard si on ne sait pas où est ATT et avec qui. L’information a une fonction politique très importante. Globalement, il y a un clivage important au sein de l’armée, qui ne devient plus une armée nationale de conception républicaine.

Slate Afrique – Quelle est la stratégie politico-militaire de la junte?

André Bourgeot – Il me parait évident que la junte n’a pas de stratégie. Elle vit au jour le jour. D’où le côté désordonné et anarchique de son action. Par ailleurs, le leader de la junte n’a pas beaucoup d’autorité sur ses hommes de rangs. Pour preuve, les comportements de certains militaires à Bamako qui s’en sont pris aux commerces. Le capitaine est intervenu, mais il n’a pas été suivi. Quelle autorité a-t-il réellement sur les militaires qui soutiennent son action? Il y a des incohérences importantes.

Une crise régionale à craindre

Slate Afrique – Cette junte souhaite-t-elle se maintenir au pouvoir?

André Bourgeot – Elle se cherche. Il n’y a pas de stratégie. D’une part, on est toujours dans le flou, par-delà les déclarations d’intentions du capitaine Sanogo. D’autre part, le rapport des forces politiques à l’intérieur de l’armée ne me semble pas être en faveur du capitaine Sanogo. Ça ne veut pas dire qu’il y aura une tentative de contre-coup d’Etat. Mais, notons l’isolement de la junte tant sur la plan international qu’à l’intérieur du pays.

Slate Afrique – La communauté internationale peut-elle faire plier la junte?

André Bourgeot – Difficile à prévoir. Si les sanctions imposées par la communauté internationale s’exercent immédiatement, je ne vois pas comment la junte pourra se maintenir au pouvoir. Mais si elle ne se maintient pas au pouvoir, cela passera par une période de violence. Cela est inquiétant. Sauf si le capitaine Sanogo fait preuve d’une grande responsabilité patriotique et civique. «Je suis minoritaire, je m’en vais». Mais je ne connais pas d’exemples historiques de cette situation.

Slate Afrique – Le Mali étant l’un des pays les plus aidés d’Afrique peut-il se passer de l’aide internationale?

André Bourgeot – Le retrait des aides ne peut qu’avoir des pressions concrètes sur la junte et la population malienne, dans un contexte où la nourriture et l’essence manquent. Ce serait alors la dérive vers un processus anarchisant. Face au chaos généralisé au Mali, la communauté internationale pourrait décider d’intervenir militairement. Ce sont des hypothèses à ne pas écarter. Le chaos est pour l’instant au Nord, mais il pourrait se diffuer dans le reste du pays et dans les pays voisins. Une crise régionale est à craindre.

Slate Afrique – Les putschistes veulent-ils combattre les rebelles touaregs?

André Bourgeot – Le coup d’Etat fomenté par la junte bénéficie essentiellement au mouvement de libération de l’Azawad, dans un contexte où l’on ne voit plus la cohérence et la cohésion de l’armée malienne. On ne voit plus comment s’exerce l’autorité. Le mouvement de libération de l’Azawad progresse et encercle aujourd’hui la ville de Kidal. Ce putsch profite aux rebelles.

Il y a une série de contradictions de la part des putschistes. Ils légitiment leurs coup d’Etat en réclamant plus de moyens pour combattre la rébellion. En même temps, ils tiennent des propos apaisant en disant qu’ils veulent négocier avec les rebelles. Mais sur quelle base? On ne voit pas quelle est la stratégie du leader des mutins pour arriver à un cessez le feu. Le MNLA accepte de négocier seulement sur la base de l’indépendance de l’Azawad.

Combattre ou négocier avec la rébellion touarègue

Slate Afrique – Ce putsch n’est-il pas un constat d’échec de la politique d’ATT?

André Bourgeot – Effectivement, la grande majorité des régions du Nord était une zone de non-droit où l’Etat n’exerçait pas sa souveraineté. Est-ce qu’il y avait une volonté politique du chef de l’Etat et de la classe politique malienne de régler la situation dans les régions du Nord Mali? C’est une question soulevée par une partie de la population. C’est aussi le discours utilisé par la junte pour légitimer son action. Sauf que le coup d’Etat ne correspond pas aux impératifs du moment et conduit à un recul de la démocratie.

Slate Afrique – La chute de Mouammar Kadhafi a-t-elle exacerbé la crise dans le Sahel et au Mali?

André Bourgeot – Incontestablement, la situation qui prévaut au Mali est l’une des conséquences importante de l’intervention militaire franco-britannique puis celle de l’Otan en Libye, à l’issue de la résolution 1973 du Conseil de sécurité des Nations unies, dont l’objectif était de détruire la Jamahiriya. Maintenant, on est dans les conséquences de cette situation. Quand le rapport de force était à l’avantage des rebelles libyens, les arsenaux militaires ont inondé l’ensemble du territoire libyen. Une partie importante des combattants qui composent les rebelles de l’Azawad viennent de Libye.

Slate Afrique – L’autre acteur de la déstabilisation au Mali: Aqmi?

André Bourgeot – L’objectif premier des rebelles du MNLA, c’était de combattre l’Etat malien et non les djihadistes d’Aqmi. Ce qui a renforcé la position des djihadistes dans la région. L’Etat malien n’a pas eu lui aussi une politique ferme contre les djihadistes. Est-ce qu’on peut en déduire qu’il y a une collusion entre l’Etat et les djihadistes? On ne peut pas le dire. On passe d’une zone de non-droit à une «zone de tous les droits» bafoués au Nord Mali. Tout mouvement djihadiste au Sahara entretient des liens avec les narcotrafiquants, les trafiquants d’armes et les trafics humains. Tout cela s’enchevêtre.

Propos recueillis par Nadera Bouazza

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